2011-10-08

Être condamné à avoir une certaine opinion

Aujourd'hui, google news m'a amené sur un article intéressant de Samy Nazaar, dont je n'avais jusque là jamais entendu parler : http://www.egaliteetreconciliation.fr/Temoignage-sois-de-gauche-et-tais-toi-8383.html

Pour résumer, il s'interroge sur la stéréotypie culturelle en France, qui voudrait condamner une personne, selon ses origines ethniques, confessionnelles ou socioprofessionnelles, à ne pouvoir proférer que certaines opinion.

Plusieurs remarques sont très intéressantes, dont le fait qu'une personne ayant des idées différentes du sous-groupe dans lequel la « communauté » l'a catégorisé sera considéré comme un  « arriviste », un « vendu », un « traitre », ou quelqu'un « reniant ses xxx », avec le xxx étant au choix les ancêtres, le pays, la culture, etc.


Bref, article intéressant et posant de bonnes question : en quoi une opinion choisie serait moins légitime qu'une opinion découlant d'une généralisation des opinions de tel ou tel sous-groupe auquel la personne se voit arbitrairement rattachée ?


Mais pour apprécier, il faut savoir aller au delà de la présence de cet article qui a été posté sur le site d'une personne, disons pudiquement, « rattachée à une certaine école de pensée ».

Détail amusant : beaucoup de commentaires semblent d'ailleurs en opposition, se déclarant même gênés que les jeunes générations puissent s'affranchir de leur « système de pensée » ancestral - comme par exemple dans le commentaire #50738, notamment repris par l'auteur pour soutenir cet argument. Toutefois, c'est dévier sur un autre problème - la compatibilité socio-culturelle.

Autant se recentrer sur la question, et se rappeler que l'impartialité impose la réciprocité: en quoi donc un sous-groupe voudrait décider si les idées différentes d'un sous-sous-groupe sont légitimes ou pas ?

Je crois qu'il faudrait donc reformuler la question posée dans l'article : en quoi une opinion choisie serait moins légitime qu'une opinion qui « s'imposerait » du fait des ascendances de la personne ? N'y a-t-il pas de droit à la dissidence ?

Là, on peut comprendre cette question comme une interrogation sur le fait d'accorder plus d'importance à l'individu ou la société. Selon ses opinions on sera d'un avis ou de l'autre... l'important étant surtout d'être en accord avec ses idées, et dans un système de valeur compatible.


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